Inégalités hommes-femmes selon l’Institut de la statistique du Québec¹
Article

Recherche et synthèse par Jean-Bernard Robichaud, 2e vice-président AQDR Outaouais
J’ai souvent évoqué que les inégalités hommes-femmes étaient très grandes et à la faveur des hommes. Voici en résumé ce que l’Institut de la statistique du Québec en dit dans son document « Vitrine sur le vieillissement de la population et les personnes aînées »².
Sur le plan démographique, selon les données estimatives de 2025, la population totale du Québec serait légèrement supérieure à 9 millions, les hommes seraient au nombre de 4,554,000 (50,3 %) et les femmes à 49,7 % seraient au nombre de 4,505,000. À partir de 60 ans, et jusqu’au grand âge, la situation s’inverse et la proportion des femmes augmente à 53 %, alors que pour les hommes c’est 47 %. Ces proportions se traduisent en des nombres significatifs.
Ainsi en 2025, 23,3 % des femmes (967,000) ont 65 ans ou plus alors que pour les hommes c’est 20,1 % (843,000). Le nombre de femmes ainées excéderait celui des hommes de la même catégorie d’âge de 124,000. Plus on avance en âge, plus l’écart entre les hommes et les femmes s’accentue.
Démographiquement les femmes sont plus avantagées en raison d’une espérance de vie plus longue pour les femmes (84,4 ans) que pour les hommes (80,9 ans). Ceci semble un avantage, mais il y a quelques éléments moins réjouissants, puisque les femmes ainées passent en moyenne un plus grand nombre d’années en mauvaise santé que les hommes. De plus, le nombre de femmes vivant seules augmente avec l’âge, (33 % pour les femmes de 65 à 74 ans et 50 à 57 %% pour les femmes de 85 ans et plus). Pour les hommes de 65 à 74 ans la proportion serait de 22 % selon le Conseil du Statut de la Femme. Ceci correspond à d’autres conditions que nous verrons plus loin dans le texte, dont le niveau de faible revenu des femmes par rapport aux hommes.
Quant à l’accès à l’éducation, les femmes ainées sont plus nombreuses que les hommes à ne détenir aucun certificat, diplôme ou grade (29 % hommes vs 25 % femmes). Elles sont moins nombreuses à avoir un diplôme de niveau secondaire (24 % femmes vs 30 % hommes), un diplôme de niveau professionnel (8 %femmes vs 17 % hommes) ou un diplôme universitaire (18 % femmes vs 22% hommes).
Le taux d’emploi des femmes ainées est inférieur à celui des hommes, 9 % chez les femmes vs 16 % chez les hommes.
La durée du travail d’une ainée salariée (1136 heures par année vs 1357 heures) pour un ainé salarié. Les ainées salariées sont moins nombreuses à travailler à temps plein soit 38 % par rapport à 58 % pour les aînés salariés. On n’observe pas de différence significative quant au taux de chômage des personnes ainées.
Quant aux catégories professionnelles, la majorité des femmes ainées occupent des emplois dans des secteurs qualifiés de féminins : santé, services sociaux, organismes communautaires, éducation… Quant aux postes de gestion, aux métiers, à la machinerie et au transport, elles sont en minorité. Nous savons que les secteurs considérés comme féminins, sont généralement moins bien rémunérés que ceux considérés comme masculins. Selon plusieurs estimations, les écarts se situent entre 9 % et 12 % en faveur des hommes, malgré la politique officielle d’un salaire égal pour un travail de valeur égale. Certains analystes affirment que ces écarts se retrouvent principalement dans le secteur privé.
Quant aux revenus, comme on pouvait s’y attendre, les femmes ainées ont des revenus inférieurs à ceux des hommes ainés dans toutes les catégories de revenus, sauf pour le supplément de revenu garanti. Illustrons cela avec quelques chiffres datant de 2022 :
- Les prestations du RRQ étaient plus élevés chez les hommes (9 100$), alors qu’ils étaient de 7 300$ chez les femmes
- La proportion des hommes (50 à avoir des revenus de placement est plus élevée que celle des femmes (45 %). Non seulement la proportion est supérieure chez les hommes, mais les montants sont plus élevés.
En conclusion
L’égalité homme femme existe en droit et en principe au Québec. Cependant au plan des conditions de vie, les écarts favorisant les hommes demeurent trop grands, même si l’Institut de la statistique du Québec, mentionne qu’il y a eu certaines améliorations quant à la réduction des inégalités hommes-femmes.
Militer à l’Association québécoise de défense des droits des personnes retraitées et préretraitées (AQDR) signifie que l’on doit mettre l’accent sur la réduction de la somme des écarts qui favorisent les hommes durant la période de vie, qualifiée d’active, entre 18 et 64 ans, afin que l’égalité réelle hommes-femmes se manifeste après 65 ans. N’oublions pas qu’il en va de l’avenir de nos filles et petites-filles!
Jean-Bernard Robichaud
Deuxième vice-président
AQDR Outaouais
12 avril 2026
1 L’Institut de la statistique du Québec (ISQ) est l’organisme public responsable de fournir des informations statistiques fiables, objectives et pertinentes sur la société québécoise. L’ISQ produit des informations statistiques à partir de données d’enquêtes et de données administratives issues des secteurs public et privé, qui touchent une grande variété de domaines des sphères sociale et économique de la société québécoise.
2 Institut de la statistique du Québec, Vitrine sur le vieillissement de la population et les personnes aînées, 7 avril 2026.
https://statistique.quebec.ca/vitrine/vieillissement